

Chapitre 3

- Père…dit-il surpris en se tournant vers son interlocuteur.
- Cela fait longtemps ! Prononce t-il en lui tendant la main pour
le saluer. Facilement une
dizaine d'années...tu n'as pas changé, sourit-il. Quel bon vent t’amène ici Samuel ?
- Je…j’avais besoin de me vider la tête, et sans le vouloir…je me suis arrêter ici... sans
vouloir vous offenser mon père, se rattrape t-il.
- Y’a pas de mal. Je me souviens bien de toi, tu étais si serviable. Puis tu as arrêté de venir
du jour au lendemain, j’en ai été fortement surpris…
Samuel tout à coup triste, replongeant dans les souvenis pénibles de son enfance.

- C’est mon père qui m’avait interdit de remettre les pieds dans une église. Le jour où… il
retient ses mots, évitant de regarder l’homme de foi en face de lui.
- Le jour où tu lui a dis que tu aimais les hommes ?
Le souffle coupé, il regarde abasourdi le prêtre en habit de tous les jours.
- Ne sois pas si surpris, je l’ai toujours su. Tu aimais un peu trop cette statue, à l’entrée de
mon église…puis, un sourire amusé mais teintée d’une légère tristesse, personne n’est
vraiment dupe de se qu’elle signifie, ma manière à moi d’être honnête sans réellement
pouvoir l’être…
- Il me disait que j’irai en enfer …dans ce regard qu’il pose sur le prêtre, il lui semble être
de nouveau cet adolescent à qui on venait de dire qu’il était une erreur de la nature et qui
cherchait à comprendre ce qu’il pouvait bien y avoir de si horrible à aimer un sexe plutôt que
l’autre…
- Pourquoi il te punirait d’être honnête avec toi-même. Laisse aux hommes la politique et à
dieu le pardon, lui sourit-il chaleureusement. Je ne peux rester plus longtemps
malheureusement, mais reviens me voir à l’occasion, nous parlerons comme lorsque tu
étais enfant et me posait toutes ses questions qui bouillonnaient en toi. A la seule
différence, que ce n’est pas un verre de lait que je te verserai.
Samuel sourit, le saluant d’une poigne de main amicale, et s’en va le cœur plus léger qu’il
n’était en entrant en ce lieu…
- Hummm, Hailey ?…il fait déjà jour ? Dit-il lui souriant en se réveillant.
Le cerveau d’Hailey tourne à 1000 tours la seconde …comment as t-elle pu…la honte
commence à l’envahir. Elle cherche une quelconque horloge et voit une montre aux côtés
de plusieurs emballages de préservatif ouverts par terre. Gênée, elle en frôle un pour
prendre la montre. Elle sent alors les lèvres embrasser son épaule, puis dans un souffle
chaud, il lui caresse du sommet de son nez ses cheveux … elle sent ses bras glisser
autour de son bas ventre…
- Hailey, murmure t-il. Tu m’as envoûté, mon petit démon rose…
- Mon dieu, il est midi ?!
Elle se lève aussitôt, Étan sent sa tête tomber un peu trop rudement.
- Hailey ? Demande t-il en la voyant ramasser ses affaires, hâtivement sans lui jeter un
regard.
- Putain, elle est où ! Rage t’elle, une voix étranglée dans des sanglots retenus.
- On est pas du matin, mademoiselle ?La taquine t-il en se levant du lit, un large sourire aux
lèvres. C’est ça que tu cherches, dit-il en tentant de l’enlacer, la robe en question en main.
- Depuis quand t’es de bonne humeur le matin, toi !! Lui hurle t’elle dessus en tentant
d’attraper sa robe visiblement en colère, mais la main tremblante, elle la ratte, ce qui
amuse Étan.