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Chap IX - 36  (Chapitre 9) posté le mardi 30 septembre 2008 22:21


Gabriel l’attendait dans la cafétéria, mais Samuel en perdait son sourire, le jeune éducateur était là. Les souvenirs du baiser échangé, le rendait jaloux.

 

-Gabriel, prononce t-il d’une voix imposante. Se retournant, surpris par le ton, le jeune roux évitait son regard, mal à l’aise.

 

-Morad, tu te souviens de Sam.

 

-Bien sûr, répond l’interpellé, lançant un regard disant « c’est donc toi son amant, méfies-toi, il m’intéresse aussi »


Le petit démon était ravi de voir que Samuel pouvait être jaloux, cela quelque part le réconfortait. Il savait que Samuel avait des sentiments pour Cameron, différents de ceux qu'ils avaient pour lui, enfin espérait-il. Aimer deux personnes, est-ce possible? Sans doute, mais lui ne voulait pas le partager et certainement pas avec son ex, pas maintenant qu'il lui était revenu. Il s'en voulait d'être si égoiste, surtout en sachant ce qui était arrivé au blond, mais il n'y pouvait rien, il savait que Cameron était quelqu'un de particulier pour Samuel et rien ça lui faisait un mal de chien.

Ils étaient retourné chez Samuel, dans une atmosphère silencieuse. Samuel était triste, c'était évident et savoir que Cameron en était à l'origine l'énervait, mais c'était ainsi et s'il l'aimait il devait accepté qu'une part de son coeur, même petite, appartenait au blond.

Samuel avait sans doute senti la jalousie de son roux, il avait alors posé une main sur son visage, une fois descendu de la moto.

-Je t'aime Gabriel, Cameron fait partie de mon passé, toi de mon présent.

Son sourire disparaissait en découvrant celui qu’il se refusait encore à voir, les attendant devant la maison de l’ancien batteur.


 

Son père, l’homme à cause de qui il a failli perdre Samuel, à cause de qui, pendant quatre long mois il a vécu l’enfer sur terre.

 

-Gabriel…

 

-Qu’est-ce que tu veux ? Je crois pas t’avoir invité, crachait-il avec colère et rancune.

 

-Je suis là pour…Samuel !!! Avait-il hurlé.



Le jeune homme n’avait rien compris, ce n’est que le bruit du coup de feu et les tâches de sang éclaboussant son visage, qu’il avait commencé à comprendre ce qui venait de se passer dans un tiers de seconde et commençait à paniquer d’effroi.

Un homme brun le regard haineux, était entre eux et venait de tirer. Samuel était recouvert de sang.



L’homme le regardait le regard fou.

 

-Tu m’y as forcé…j’ai tout perdu…tout perdu à cause de toi.

 

-François, balbutiait Samuel.

 

Gabriel prenait alors l’homme châtain à terre dans ses bras, tout ce sang. Mais c’est en regardant les yeux du batteur qu’il comprit son erreur.


 

Ce n’était pas Samuel qui venait d’être blessé, mais son père.



Il ne se souvient pas combien son cri fut déchirant et perçant…il se souvient seulement de cette étrange douleur qui avait parcouru tout son corps, cette douleur perçante comme si une partie de lui était arraché de force et était broyée sous ses yeux, sentant chaque terminaison nerveuse lui rendre cette souffrance au-delà du supportable.



- Samuel…, sonnait la voix rocailleuse, embués par les sanglots.

C’est un mur de silence qui se dressait devant lui. L’interpellé avait joint les mains et prié jusqu’à la fin, jusqu’au verdict final. « Nous sommes navrés, toutes nos condoléances ». Le drap blanc posé sur le visage sans vie de Matthew, jamais il n’oubliera cette vision.

Les larmes semblaient intarissables, malgré la douleur d’en avoir trop versé qui accablait ses yeux rougis. Son père est mort en moins d’une heure. La balle logée en plein cœur, ne lui avait laissé aucune chance.



- Je t’en prie, suppliait Gabriel, voyant Samuel silencieux depuis leur arrivé à l'hôpital. A peine les yeux posés sur son regard, il avait compris. Part pas…ce n’est pas ta faute …je t’en supplie, me laisse pas…

 

Samuel avait défait cette main accrochée à la sienne, lui aussi le dessin de larmes encore présences et visibles sur ses joues. C’est à ce moment là que sa mère, son frère et sa sœur, arrivaient enfin, puis le cri déchirant de sa mère l’avait fait un instant oublier celui qu’il suppliait de ne pas partir. A peine les yeux tournés quelques secondes qu’il n’était plus là.


-Non …Sam…

 

Samuel, avait-il alors prononcé en pleurant à nouveau, dans les bras de son jumeau qui lui demandait le regard possédé par la douleur, ce qu’il s’était passé.

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Chap IX - 37  (Chapitre 9) posté le mardi 30 septembre 2008 22:33

 

Romuald avait été le plus fort d’entre eux, c’est lui qui s’était occupé des papiers pour l’enterrement, jusqu’au choix du cercueil, dans lequel il avait glissé la guitare préférée de leur père, ainsi que celle du frère de leur père, qui l'avait à présent rejoint.

Le Jumeau s’était occupé de leur mère, trop prise dans le chagrin pour être d’une quelconque aide. Élodie restait simplement muette, auprès de leur mère. Voulant paraître plus forte qu’elle ne l’était, mais le soir Romuald entendait ses pleurs et venait la consoler. Mais plus que tout, Gabriel semblait perdu dans un autre monde, ailleurs.

Après l’hôpital, le départ de Samuel, il avait simplement cessé de pleurer. Il aidait son jumeau pour les divers papiers à faire, appels à passer, mais son jumeau le sentait au bord d’un précipice. Il lui arrivait de regarder la télé et se mettre à rire comme si de rien n’était, comme si rien n’était vrai.


 

Gabriel était revenu à leur maison sans que personne n’osa lui demander quoique ce soit à propos de Samuel. Il passait le plus clair de son temps dans sa chambre, sur le lit, fixant la batterie sans vie qui trônait toujours dans sa chambre. Son jumeau le surprenait ainsi, quand par inquiétude il venait vérifier l’état de son frère.


 

Romuald savait d’après les informations télévisées et ce que la police lui avait appris, que l’agresseur s’appelait François Panafit. Il était un ami d’enfance de Samuel que les tabloïds avaient récemment connus, lorsque le batteur l’avait humilié publiquement il y a 6 mois, dévoilant son attirance pour les hommes dans une soirée de charité.

Les journalistes peignaient le portrait d’un homme frustré, refusant d’accepter son homosexualité, évidente d’après son entourage et sa femme avec qui il était en instance de divorce. C’est étrange mais Romuald ne ressentait rien d’autre que du dégoût pour cet homme, il aurai pensé avoir au moins de la colère, mais il lui faisait seulement pitié. Même quand l’homme tentait d’expliquer son geste il y avait quelque chose de pitoyable « …il m’a tout pris…il a toujours tout eu…moi rien…et cet homme…ce n’est pas lui que je voulais blesser…pourquoi s’est-il mis entre lui et moi…je ne l’ai pas vu venir…c’est de la faute de Samuel … »


 

-Sam…


-S’il te plait, laisse-moi, dit-il à sa sœur venu lui rendre visite et prendre de ses nouvelles. Je ne veux voir personne.

 

-Tu ne pouvais pas savoir, pas prévoir.

 

-Tu comprends pas que tout ça c’est ma faute, hurle t-il alors subitement, d’une voix forte qu’il ne peut contenir. Il n’aurai jamais du faire ça…pourquoi, demande t’il dans le vide de sa pièce où plusieurs bouteilles d’alcool vides parsèmes le sol. Il est mort…par ma faute.

 

-Non, Samuel.


-Lâche-moi, crit-il en repoussant la main affective. Je suis un monstre, papa avait raison.

 

-Un monstre, s’étonne Stéphanie, elle n’a jamais entendu son père dire une telle chose à son frère jumeau. De quoi parles-tu ?


 

-Rien, laisse-moi…je…comment j’ai pu croire…je suis…plus jamais personne …plus jamais je ne laisserai quelqu’un m’approcher.

 

La seule chose que Samuel arrivait à faire était de s’asseoir, il n’avait plus la force de rien, il avait repoussé tous ceux qui était venu le voir. Même Étan et Hailey, même sa sœur ne pouvait rien, c’était lui le monstre à cause de qui son meilleur ami et le père de celui qu’il aime est mort. Et Gabriel n’est pas venu le voir, il doit le détester, le haïr, il est le seul coupable de cette tragédie.

 

-Tu ne peux rien faire pour moi, parce que c’est moi qui ai voulu humilier François, si je n’avais rien fait, juste accepter cette punition…

 

« punition » décidément son frère parlait par énigme, François lui aurai fait quelque chose?

 

-Ne me demande pas de te laisser seul dans l’était où tu es… Stéphanie enlaçait alors son frère. Peu m’importe qui tu crois être Sam, tu es mon frère, je ne te laisserai pas seul, jamais !

 

Il laisse alors ses larmes couler, dans des sanglots douloureux et coupables répétant sans cesse «  je suis le seul coupable »

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Chap IX - 38  (Chapitre 9) posté le mardi 30 septembre 2008 22:49

 

 

-Je te l’avais bien dit, Prononçait son père ravi de voir la souffrance installée sur le visage de son fils.



C’était le jour de l’enterrement de Matthew, le ciel était dégagé et s’il ne s’agissait d’un jour si triste, cela aurai presque pu être une belle journée. Son père gachait  le peu de satisfaction auxquelles ils s’accrochait désespérément.

 

- Dieu te puni d’être cet être dégénéré, Samuel. Faire souffrir son fils ne t’avais donc pas suffit ? Il t’a fallu la mort du père, tu es le mal personnif…

 

Une main l'avait brutalement empêché de finir sa phrase, dans un bruit étouffé, mais que tous avait entendu. C’était Étan, le regard furieux.

 

-Vous m’écœurez à vomir ainsi sur votre fils, le jour où nous enterrons l’un des nôtres !

 

- Étan, prononçait Hailey en le retenant.

 

-Tu ne sais pas qui est réellement ce type Hailey, puis regardant l’homme aux cheveux grisonnants. Cet homme qui susurre toujours des injures à l’oreille de Sam pendant que les autres ont le dos tournés, qui l’injurie et lui dit que dieu le puni d’aimer les hommes. Vous m’écœurez.

 

Samuel ressentait un mélange confus de sentiments à la fois de la colère contre Étan d’avoir dévoilé cela au grand jour, mais aussi étrangement un sentiment de soulagement, il n’avait plus à mentir, à faire comme s’il aimait son père. Ni devant sa mère ni devant sa sœur, ni devant qui que ce soit.



Le père d’Étan s’était retourné vers celui de Samuel.


-Est-ce vrai Roger ?

 

-Comment peux-tu croire une chose pareille !? Ne vois-tu pas qu’il est de mèche avec mon fils, ce petit con a du lui demander de mentir.

-Non ! Crit alors Gabriel, à la surprise générale.Le silence se faisant aussitôt les jeunes lèvres ouvertes. Comment osez vous insulter l’homme que j’aime le jour où l’on enterre mon père !


L’assistance restait bouche ouverte, les journalistes avaient été refusés à l’entrée mais il ne faisait aucun doute que demain toute cette histoire serai dans les journaux à scandale.

-Même cet homme qui a tué mon père ne représente rien en comparaison de la haine que j’éprouve pour vous.

 

Le père de Samuel dévisageait avec mépris le jeune homme qui le fixait les yeux remplis d’une rage évidente qu’il ne faisait rien pour dissimuler.


-Moi ? Répétait l’homme âgé, les bras croisés, défiant le jeune homme du regard. La douleur semble t’avoir fatigué, dit-il un léger sourire de dédain aux lèvres disant "tu es aussi immonde que mon fils, tes paroles ne valent rien".

 

- Samuel se sent responsable, parce que vous n’avez jamais cessé de lui faire croire que c’est lui qui portait malheur par son choix de vie, et il a accepté vos paroles abjectes comme vérité absolue, car vous êtes son père, aussi immonde que vous puissiez être.

 

-Sale petit c…

 

-La ferme, Roger, dit alors la voix menaçante le père d’Étan. Laisse le petit parler!

 

Le père de Samuel, renfrognait, se taisait alors.

 

- Je ne pense pas que mon père aurai donné sa vie pour un être qu’il n’estimait pas, dit-il les yeux commençant à être soumis aux larmes, posés sur le cercueil. Il se retournait alors vers Samuel.



-Il t’aimait Sam, prononce t-il cette fois les yeux posés sur l’ancien batteur, papa t’aimait. Les yeux peint de fines larmes il continuait, papa t’a protégé parce que tu comptais pour lui, parce qu’il culpabilisait et qu’il savait combien tu comptais pour moi. Alors s’il y a quelqu’un à blâmer c’est moi, prononce t-il la voix à présent soumise à l’échos de ses larmes, Maman je suis désolé, dit-il alors en la regardant les yeux rougis, la voix torturée, les dernières minutes de sa vie, je…je n’ai su lui faire que des reproches…à présent sa voix se contractait de douleur, pourquoi t’es parti, tu m’as pas laissé le temps de te dire que je te détestais pas….j’étais seulement en colère contre toi…seulement en colère…, tombant à genoux face à la terre qui avait recouvert depuis plusieurs minutes le cerceuil, il pose ses mains à plats, voyant les traces rondes de ses larmes assombrir le sol à l’endroit où elles se déversaient. Papa…

 

Romuald n’en supportant pas plus avait pris son frère dans ses bras et pour la première fois, laissait lui aussi échapper sa peine.

 

-Lève-toi Gaby, s’il te plait. Son frère se relevait péniblement.

 

Élodie tenait la main de sa mère, elle-même une main devant sa bouche pour contenir sa peine, sa douleur de voir ses fils ainsi torturés. Quentin, quant à lui, observait Élodie prêt de sa mère. Cela était douloureux de voir quelqu’un d’autre connaître la peine qu’il avait lui-même déjà vécu, la perte d’un parent.



-Je t'aime Hailey...Épouse-moi.

 

-Étan…

 

Sans le vouloir, malgré elle, malgré la douleur que la scène lui inspirait, elle sentait son cœur battre fort. Il venait de lui dire ce qu’il n’avait encore jamais osé prononcer, à elle.

 

-Je ne veux pas un jour avoir de regrets, la vie est bien trop fragile.

 

-Étan ?

 

Interpellait une voix fluette, une fois les derniers mots de condoléances prononçaient à la famille Lambert. Le brun se retournait à son nom prononcé.

 

-Maman, dit-il surpris.

 

-Nous avons préparé une collation pour la famille Lambert, cela nous ferai plaisir que tu viennes, cela fait si longtemps que tu n’es pas venu nous voir. Le brun baisse le regard, c’est vrai qu’il ne les voit plus depuis des années.

 

-Nous viendrons Cathy, prononce Hailey à la place d’Étan.

 

-Hailey…

 

Lui serrant la main elle lui sourit.

 

-Il est peut-être temps de dire à ta maman pour nous.

 

-Pour nous, penche t-il la tête dans un sourire doux. Tu acceptes ? Tu es sûre de toi, je suis plutôt chiant et colérique au quotidien.

 

-Je ne suis pas un ange non plus, sourit-elle.

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Chap IX - 39  (Chapitre 9) posté le mardi 30 septembre 2008 23:12

Dans la maison qu’il n’avait pas vu depuis une éternité, il y trouvait toujours la fameuse rangée de photo d’Allan, il grimaçait malgré lui. Mais une chose l’interpellait alors, une ranger entière des CD de son groupe, il croyait halluciner, des remix, des singles et même leur première maquette impossible à trouver à l’heure actuelle, comment avaient-ils pu se la procurer…


-Il nous en manque deux je crois, annonce son père.

 

Étan se sent près à défaillir, il est en plein rêve ?


 

-Deux…fixe t-il du regard son père.


-Les hommes vous venez boire ? Interpelle sa mère, qui a servie les boissons sur la terrasse.

 

Hailey s’approchait de son brun qui n’avait pas suivi son père, les yeux rivés sur la rangée de vinyl et CD.

 

-Qu’est-ce que tu fais, pourquoi tu viens pas.

 

-Ils me détestent pas…

 

Elle voit alors la collection, elle-même surprise.

 

-J’ai toujours cru…pourquoi ils me l’ont pas dit.

 

-Ils sont aussi fière que toi Étan…laisse-leur une chance de devenir les parents que tu as toujours attendu…ce ne sont pas des monstres, ils ont leur défaut, mais ils t’aiment, peut-être maladroitement, mais tu es leur fils.

 

- On y va, sourit-il à celle qu’il a choisi d’aimer jusqu’à son dernier souffle, cette âme si naïve qui pourtant à tellement plus de force que lui, la force de voir les gens au-delà de leur défault, les prisons qu’ils se construisent eux-même.



-Bonjour Samuel…

 

-Matthew ?

 

-Tu sais, je suis vraiment désolé pour tout ce que je t’ai fait. Je n’avais pas idée de la portée de mes mots, tu le sais n’est-ce pas ?

 

Samuel dérouté, l’observe lui sourire.


- Mon fils… dit-lui que je sais. Je sais qu’il était seulement en colère contre moi et que moi aussi je l’aime.

 

-J'ai pas la force de vivre sans toi Matthieu...je peux pas vivre seul, sans toi à mes côtés...je...

 

- Trouves la force d'avancer Sam...comme je le faisais malgré le manque que l'abscence de mon frère était...Prends soin des miens Sam. S’il te plait, ne laisse plus mon petit ange seul…Prend soin de lui, je voudrais le voir sourire de nouveau.

 

-Sourire...

 

-Mon frère m’attend Sam, si tu savais comme il m’a manqué.

 

- Non, Parts pas Mat’…me laisse pas seul...

 

-Soit heureux Sam.

 

-Matthew !!



Samuel s'était réveillé en sursaut, des larmes chaudes sur son visage avaient coulées, qu’il avait essuyait aussitôt...pourquoi a t-il rêvé de lui …



Ces mots « ne le laisse pas seul » Il revoit alors l’expression de Gabriel à l’enterrement, disant que c’était lui le coupable de tout ceci. Enfouissant ses doigts dans ses cheveux courts, il soupire. Pourquoi est-il parti, pourquoi l’a t-il laissé seul… seul face à tout ça

…tout ça c’est à cause de lui, à cause de lui que François l’attendait et voulait lui faire payer l’humiliation publique qu’il lui avait fait. Tout ça c’est sa faute, il lui a encore fait mal, pourtant il s’était juré de ne plus le faire souffrir…

Soudain un bruit sourd le sort de ses pensées. Avançant dans le garage, l'ancien lieu de répétition, il voit la guitare d’entraînement de Matthew. Renversée à terre, c’est alors qu’il remarque une lettre. Se baissant, il la prend puis la déplie, lisant des lignes inconnues écrites de la main de Matthew.



-Samuel ? S’étonne Romuald.



-Pourquoi es-tu là, lui demande t-il alors, un regard de méfiance.

 

-Je voudrai voir Gabriel.

 

-Si tu es là pour lui faire des reproches…

 

-Non, rien de tout ça.

 

-Il est dans sa chambre, depuis hier, il y reste sans sortir, dit-il la tête baissée.

 

Samuel pose alors une main ferme sur son épaule.

 

-Matthew serait fier de toi Romuald, tu t’es très bien occupé de ta famille.

 

Il voit le jeune homme plisser les yeux retenant par fierté cette peine qu’il n’avait laissé filtrer qu’à l’enterrement.

 

-Tu n’as plus à porter tout ça seul. Je serai là maintenant.



Devant la porte il voit le plateau de déjeuné que le jumeau n’a même pas touché. Poussant la porte, il ne voit aucun mouvement, il entre alors et voit Gabriel assit sur son lit, les yeux fixant la batterie. Il n’a même pas réagit à son entrée.



Samuel l’observe, fixant d’un regard vide l’instrument, depuis combien de temps est-il ainsi.

 

-Gabriel ? Les yeux noisettes dévient, à la voix appelant son prénom.

 

-…



-Pardonne-moi, souffle t-il péniblement voyant le jeune roux les traits fatigués. Dis-moi que tu me pardonnes encore une fois…ce sera la dernière, je te le jure…

 

Le jeune se relève lentement.

 

-Tu en as mis du temps, prononce t-il le visage douloureux.

 

-Pardonnes-moi…


- Tu as été moins long que la dernière fois, étouffe t-il d’un rire mélancolique.

 

Il sent ses bras l’enlacer, respirer difficilement par la peine qu’il retient.


 

-Je partirai plus… Prenant le visage souligné de quelques mèches rousses, il plonge son regard dans le sien, un regard au bord de nouvelles larmes. Ton père t’aimait Gabriel, il savait…il savait que tu étais juste en colère. Il savait que tu l’aimais.

 

Sentant ses jeunes bras de nouer péniblement autour de lui, il l’entend alors peu à peu, laisser aller toute sa douleur, sa colère dans des pleurs étranglés de souffrance.

 

-Je ne te laisserai plus jamais seul, je te le jure, plus jamais…

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Chap IX - 40  (Chapitre 9) posté le mardi 30 septembre 2008 23:36

-Matthew ?


-Matthew, lève toi mon poussin.Il est l'heure je dois te préparer.

 

-Humm, prononce l’enfant encore ensommeillé. Tonton, j’ai sommeil.

 

-Je sais mon cœur, tu pourras te reposer dans la voiture, viens, je vais te changer. Aujourd’hui tu sais quel jour nous sommes ?

-Voui, c’est le jour où on va voir celui qui porte mon nom.


 

-Oui, lui sourit-il en lui replaçant les cheveux se bataillant, hirsutes.

Le petit bonhomme ne desserrait pas ses bras de Samuel, qui l'avait habillé puis porté jusqu'à la voiture; encore endormi, il avait fermé les yeux à peine posé sur son épaule.


 

-Hailey m’a demandé si on pouvait aller la chercher, Étan avait quelque chose à faire de son côté, il nous rejoindra là-bas, demande Aurélie, la mère des jumeaux et d'Elodie.

-Y’a pas de problème. Élodie n’est pas avec toi ?

Aurélie observe Matthew dormir, un sourire de tendresse.

-Quentin va la chercher à son institut polytechnique et l’emmène directement au cimetière. Elle a décidé de le suivre aux Etats-Unis quand elle aura son diplôme.

-Tu vas te retrouver seule ?

-Non, Romuald veut rester à la maison, et peut-être que sa petite amie va y emménager.

-Tu sais que si jamais ça ne va pas…

-Je sais, dit-elle posant une main affectueuse sur son épaule. Tu es là pour moi. Merci Samuel, merci pour tout ce que tu as fait pour nous et de toujours être là.

Posant une main amicale sur celle qui ne s’était pas délogée de son épaule, il souriait.

-Vous êtes ma seconde famille, Aurélie, lui sourit-il. Puis soudain une expression plus triste effleure tout à coup son visage. J’aimerai lire une lettre cette année, j’en ai parlé à Gabriel, il est d’accord.

-Une lettre ? Demande Aurélie curieuse.

-Une lettre que Matthew et toit aviez écrite.

-Oh, cette lettre là, il te l'avait donc donné...

-Il l'avait glissé sur sa guitare.


 

Il n’avait fallu que 20 minutes pour rejoindre la maison où vivait à présent Hailey et Étan, mariés depuis quatre ans.


 

La maison des parents d'Hailey, qu’Étan avait racheté avec l’aide financière d’Aslhey, une manière de se racheter, sans doute.


-Tu es magnifique, lui dit-il en l’embrassant sur la joue.

-Je suis affreuse, c’est horrible d’être enceinte.

-Moi je te trouve sublime , rit-il de la voir faire une moue gamine.

-Humm, t’es pas amusant. Je voulais me faire un peu plaindre.

 

Ils étaient tous là, devant la tombe de Matthew.Les uns dicutant avec les autres, certains ne s'étant pas revus depuis l'année précédente. Ils n’avaient pas remonté leur groupe, la mort de Matthew avait brisé quelque chose. Mais Samuel, Étan et Benjamin continuaient à faire des musiques pour des films et quelques rares morceaux en partenariat avec d'autres musiciens.


 

Comme un rituel, ils se réunissaient pour la mort de Matthew une fois dans l’année, souvent le jour de son anniversaire, fin Mai. Étan était là, les jumeaux aussi. Travis avec Bertrand, Benjamin avec une nouvelle petite amie. 

Stéphanie prenait son fils dans ses bras. Elle était une maman seule qui élevait son enfant, un accident de parcourt qui avait bousculé sa vie mais étrangement lui avait donné une nouvelle voie épanouissante. Samuel l’avait invité à rester chez lui le temps qu’elle accouche et finalement ce qui était prévu comme passager, était finalement devenu définitif. Son rouquin trouvait cela un peu gênant, mais la petite bouille de Matthew le faisait toujours très vite oublier ses petits grieffes, quand il lui tendait les bras pour lui demander un calin.

Il ne restait plus que Gabriel, qui était en retard, venant de sa faculté de médecine, où il avait eut cours le matin. C’est au bout d’une heure de patiente, que le jeune homme, âgé de 21 ans à présent, arrivait.


 

Il saluait enfin toutes les personnes présentes en mémoire à son père. Il avait mûri, les quelques traits qui soulignaient son âge le rendait encore plus beau, chaque nouvelle année parcourue rendait Samuel un peu plus jaloux du regard des autres hommes et femmes sur lui.


 

- Tu vois on est tous là, comme à chaque fois. On t’oubli pas, sourit-il en échos de l’assemblée. Mais cette année, j’ai envie de lire une lettre, ce n'est que cette année que je me sens le courage de la lire à voix haute à tous...

D'une main tremblante, il sort cette lettre qui lui avait donné le courage d'avancer après la perte de Matthew, ce bout de papier qui lui avait donné la force de dépasser sa peur et d'avoir le courage de défier la vie.

-Le jour où je l’ai trouvé, j'avai rêvé de toi. Tu me demandais de te pardonner...  je n’avais rien à te pardonner, nous étions amis, de véritables amis.

Prenant une bouffée d’air dans ses poumons pour se donner le courage nécessaire, il commença alors sa lecture.

 

« Samuel, cette lettre va te sembler incongrue, tu viens d’avoir à peine 18 ans, et je suis en train d’écrire ces mots.

Cela fait 4 ans que nous nous connaissons et pourtant tu es la première personne à qui j’ai pensé.

Tu sais que depuis le décès de mon frère, la mort m’obsède.

J’ai toujours peur de mourir et laisser mes enfants sans parents, j’en ai souvent parlé avec Aurélie.

Parfois j’ai peur d’imaginer que l’un de mes enfants parte avant moi, je crois que je ne supporterai pas une deuxième fois voir l’une des personnes qui me sont chère mourir, je ne sais pas comment Hailey à pu surmonter celle de ses parents et d’Allan.

Moi celle d’Olivier m’est encore insupportable.

Si je t’écris cette lettre et qu’un jour tu l’as lis, cela voudra dire que l’une ou l’autre des situations que j’ai envisagées est devenue réalité.

J’aimerai que jamais cela se produise, comme j’aimerai que jamais tu n’ais à lire ces mots, c’est mon vœux le plus chère.

Je sais que je râle beaucoup après toi et parfois ne mâche pas mes mots, mais tu sais que je dis souvent des trucs que je ne pense pas sous le coup de la colère et que je regrette toujours après les avoir prononcés.

Tu as fait bien plus que garder mes enfants les jours où je devais travailler, tu as été comme leur grand frère, un exemple et un soutient pour eux quand avec ma femme cela n’allait pas toujours très fort.

Avec le consentement d’Aurélie, nous avons décidé que si quelque chose devait nous arriver, nous ferions de toi le tuteur légal de nos enfants.

Tu sais que je n’ai plus de parents depuis un an et Aurélie n’a plus que sa mère, qui est déjà bien âgée.

Après mûre réflexion, je ne vois que toi comme personne idéale pour élever et aimer mes enfants.

Tu es la personne la plus respectable et responsable qui me soit été donné de rencontrer.

Prends soin des miens.

P.S : Cela fait plusieurs années que j’ai écrit cette lettre et pourtant pas une seule fois je ne l’ai remise en doute… Ton ami, Matthew. »


Pliant le bout de papier, Samuel sèche les larmes discrètes qui avaient coulés à la lecture de ses mots.


 

-C’est en lisant ta lettre que j’ai compris Matthew…

 

Gabriel avançait alors, serrant la main de l’homme qu’il aimait

 

 -J’ai pris soin de tes petits anges Matt’, j’espère que de là où tu es, tu es fière d’eux. Je veillerai à ce qu'ils soient tous heureux dans leur vies...

 

FIN

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