Accueil Date de création : 15/08/07 Dernière mise à jour : 01/08/09 13:11 / 648 articles publiés
 

Chap IX - 37  (Chapitre 9) posté le mardi 30 septembre 2008 22:33

 

Romuald avait été le plus fort d’entre eux, c’est lui qui s’était occupé des papiers pour l’enterrement, jusqu’au choix du cercueil, dans lequel il avait glissé la guitare préférée de leur père, ainsi que celle du frère de leur père, qui l'avait à présent rejoint.

Le Jumeau s’était occupé de leur mère, trop prise dans le chagrin pour être d’une quelconque aide. Élodie restait simplement muette, auprès de leur mère. Voulant paraître plus forte qu’elle ne l’était, mais le soir Romuald entendait ses pleurs et venait la consoler. Mais plus que tout, Gabriel semblait perdu dans un autre monde, ailleurs.

Après l’hôpital, le départ de Samuel, il avait simplement cessé de pleurer. Il aidait son jumeau pour les divers papiers à faire, appels à passer, mais son jumeau le sentait au bord d’un précipice. Il lui arrivait de regarder la télé et se mettre à rire comme si de rien n’était, comme si rien n’était vrai.


 

Gabriel était revenu à leur maison sans que personne n’osa lui demander quoique ce soit à propos de Samuel. Il passait le plus clair de son temps dans sa chambre, sur le lit, fixant la batterie sans vie qui trônait toujours dans sa chambre. Son jumeau le surprenait ainsi, quand par inquiétude il venait vérifier l’état de son frère.


 

Romuald savait d’après les informations télévisées et ce que la police lui avait appris, que l’agresseur s’appelait François Panafit. Il était un ami d’enfance de Samuel que les tabloïds avaient récemment connus, lorsque le batteur l’avait humilié publiquement il y a 6 mois, dévoilant son attirance pour les hommes dans une soirée de charité.

Les journalistes peignaient le portrait d’un homme frustré, refusant d’accepter son homosexualité, évidente d’après son entourage et sa femme avec qui il était en instance de divorce. C’est étrange mais Romuald ne ressentait rien d’autre que du dégoût pour cet homme, il aurai pensé avoir au moins de la colère, mais il lui faisait seulement pitié. Même quand l’homme tentait d’expliquer son geste il y avait quelque chose de pitoyable « …il m’a tout pris…il a toujours tout eu…moi rien…et cet homme…ce n’est pas lui que je voulais blesser…pourquoi s’est-il mis entre lui et moi…je ne l’ai pas vu venir…c’est de la faute de Samuel … »


 

-Sam…


-S’il te plait, laisse-moi, dit-il à sa sœur venu lui rendre visite et prendre de ses nouvelles. Je ne veux voir personne.

 

-Tu ne pouvais pas savoir, pas prévoir.

 

-Tu comprends pas que tout ça c’est ma faute, hurle t-il alors subitement, d’une voix forte qu’il ne peut contenir. Il n’aurai jamais du faire ça…pourquoi, demande t’il dans le vide de sa pièce où plusieurs bouteilles d’alcool vides parsèmes le sol. Il est mort…par ma faute.

 

-Non, Samuel.


-Lâche-moi, crit-il en repoussant la main affective. Je suis un monstre, papa avait raison.

 

-Un monstre, s’étonne Stéphanie, elle n’a jamais entendu son père dire une telle chose à son frère jumeau. De quoi parles-tu ?


 

-Rien, laisse-moi…je…comment j’ai pu croire…je suis…plus jamais personne …plus jamais je ne laisserai quelqu’un m’approcher.

 

La seule chose que Samuel arrivait à faire était de s’asseoir, il n’avait plus la force de rien, il avait repoussé tous ceux qui était venu le voir. Même Étan et Hailey, même sa sœur ne pouvait rien, c’était lui le monstre à cause de qui son meilleur ami et le père de celui qu’il aime est mort. Et Gabriel n’est pas venu le voir, il doit le détester, le haïr, il est le seul coupable de cette tragédie.

 

-Tu ne peux rien faire pour moi, parce que c’est moi qui ai voulu humilier François, si je n’avais rien fait, juste accepter cette punition…

 

« punition » décidément son frère parlait par énigme, François lui aurai fait quelque chose?

 

-Ne me demande pas de te laisser seul dans l’était où tu es… Stéphanie enlaçait alors son frère. Peu m’importe qui tu crois être Sam, tu es mon frère, je ne te laisserai pas seul, jamais !

 

Il laisse alors ses larmes couler, dans des sanglots douloureux et coupables répétant sans cesse «  je suis le seul coupable »

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