Gabriel l’attendait dans la cafétéria, mais Samuel en perdait son sourire, le jeune éducateur était là. Les souvenirs du baiser échangé, le rendait jaloux.
-Gabriel, prononce t-il d’une voix imposante. Se retournant, surpris par le ton, le jeune roux évitait son regard, mal à l’aise.
-Morad, tu te souviens de Sam.
-Bien sûr, répond l’interpellé, lançant un regard disant « c’est donc toi son amant, méfies-toi, il m’intéresse aussi »
Le petit démon était ravi de voir que Samuel pouvait être jaloux, cela quelque part le réconfortait. Il savait que Samuel avait des sentiments pour Cameron, différents de ceux qu'ils avaient pour lui, enfin espérait-il. Aimer deux personnes, est-ce possible? Sans doute, mais lui ne voulait pas le partager et certainement pas avec son ex, pas maintenant qu'il lui était revenu. Il s'en voulait d'être si égoiste, surtout en sachant ce qui était arrivé au blond, mais il n'y pouvait rien, il savait que Cameron était quelqu'un de particulier pour Samuel et rien ça lui faisait un mal de chien.
Ils étaient retourné chez Samuel, dans une atmosphère silencieuse. Samuel était triste, c'était évident et savoir que Cameron en était à l'origine l'énervait, mais c'était ainsi et s'il l'aimait il devait accepté qu'une part de son coeur, même petite, appartenait au blond.
Samuel avait
sans doute senti la jalousie de son roux, il avait alors posé une
main sur son visage, une fois descendu de la moto.
-Je t'aime Gabriel, Cameron fait partie de mon passé, toi de mon présent.
Son sourire disparaissait en découvrant celui qu’il se refusait encore à voir, les attendant devant la maison de l’ancien batteur.
Son père, l’homme à cause de qui il a failli perdre Samuel, à cause de qui, pendant quatre long mois il a vécu l’enfer sur terre.
-Gabriel…
-Qu’est-ce que tu veux ? Je crois pas t’avoir invité, crachait-il avec colère et rancune.
-Je suis là pour…Samuel !!! Avait-il hurlé.
Le jeune homme n’avait rien compris, ce n’est que le bruit du coup de feu et les tâches de sang éclaboussant son visage, qu’il avait commencé à comprendre ce qui venait de se passer dans un tiers de seconde et commençait à paniquer d’effroi.
Un homme brun le regard haineux, était entre eux et venait de tirer. Samuel était recouvert de sang.
L’homme le regardait le regard fou.
-Tu m’y as forcé…j’ai tout perdu…tout perdu à cause de toi.
-François, balbutiait Samuel.
Gabriel prenait alors l’homme châtain à terre dans ses bras, tout ce sang. Mais c’est en regardant les yeux du batteur qu’il comprit son erreur.
Ce n’était pas Samuel qui venait d’être blessé, mais son père.
Il ne se
souvient pas combien son cri fut déchirant et perçant…il se
souvient seulement de cette étrange douleur qui avait parcouru tout
son corps, cette douleur perçante comme si une partie de lui était
arraché de force et était broyée sous ses yeux, sentant chaque
terminaison nerveuse lui rendre cette souffrance au-delà du
supportable.
- Samuel…, sonnait la voix rocailleuse, embués par les sanglots.
C’est un mur de silence qui se dressait devant lui. L’interpellé avait joint les mains et prié jusqu’à la fin, jusqu’au verdict final. « Nous sommes navrés, toutes nos condoléances ». Le drap blanc posé sur le visage sans vie de Matthew, jamais il n’oubliera cette vision.
Les larmes semblaient intarissables, malgré la douleur d’en avoir trop versé qui accablait ses yeux rougis. Son père est mort en moins d’une heure. La balle logée en plein cœur, ne lui avait laissé aucune chance.
- Je t’en prie, suppliait Gabriel, voyant Samuel silencieux depuis leur arrivé à l'hôpital. A peine les yeux posés sur son regard, il avait compris. Part pas…ce n’est pas ta faute …je t’en supplie, me laisse pas…
Samuel avait défait cette main accrochée à la sienne, lui aussi le dessin de larmes encore présences et visibles sur ses joues. C’est à ce moment là que sa mère, son frère et sa sœur, arrivaient enfin, puis le cri déchirant de sa mère l’avait fait un instant oublier celui qu’il suppliait de ne pas partir. A peine les yeux tournés quelques secondes qu’il n’était plus là.
-Non …Sam…
Samuel, avait-il alors prononcé en pleurant à nouveau, dans les bras de son jumeau qui lui demandait le regard possédé par la douleur, ce qu’il s’était passé.









Sakura-chan
dim 23 nov 2008 16:31